Devenir maman, c’est rempli de premières fois. Même lorsque nous avons plusieurs enfants, les premières fois reviennent parce que c’est la première fois pour chaque enfant. Chaque première fois remplit le cœur d’un immense sentiment de fierté, de joie, de bonheur.

Mais s’il y a des premières fois, il y a aussi beaucoup de dernières fois.

Quand j’ai eu mon troisième bébé, je savais que ce serait le dernier. Je voulais donc essayer de profiter le plus possible de ma grossesse en sachant que ce serait la dernière. La pandémie a eu d’autres plans, elle. Moi qui pensais relaxer dans un bain en me flattant la bedaine, finalement, j’ai couru derrière les deux plus grandes qui n’allaient plus à la garderie. Soit, chaque grossesse aura été complètement différente!

Au dernier bébé, il y a aussi le deuil des trop beaux petits pyjamas. Chaque fois que bébé grandit et doit changer de grandeur de vêtements, on met les vêtements dans une boîte et avec un petit pincement au cœur, on donne au suivant. Au revoir coquille, au revoir petit bain, au revoir sauteuse, au revoir chaise-haute…

Mais de tous les deuils, celui qui me rend le plus triste, c’est celui de ne jamais avoir accouché naturellement.

Je suis maman trois fois. À ma première grossesse, je rêvais d’un accouchement naturel. Ma pression a été terrible tout le long de ma grossesse, mais il n’y avait que ça. À 35 semaines, je me mets à faire de la prééclampsie. La règle dans ce cas : on sort le bébé à 37 semaines. La provocation n’ayant pas fonctionné, je dois donc avoir une césarienne d’urgence. Bon. OK. On m’avait prévenue que la nature y va rarement selon nos plans.

J’avais lu qu’il était tout à fait possible d’accoucher naturellement après une césarienne, alors quand je suis retombée enceinte, j’avais beaucoup d’espoir. Mais pour faire un AVAC, il est recommandé qu’il y ait plus de 18 mois entre les deux accouchements (mes filles ont 15 mois de différence), que le bébé ne soit pas trop gros (bébé dépassait les 9 livres) et que la maman ne soit pas en surpoids… Bon, on y va donc pour une césarienne prévue. Bien que ce n’était pas ce dont je rêvais, une césarienne prévue, c’est beaucoup plus agréable qu’une césarienne d’urgence.

Entre la deuxième et la troisième grossesse, je ne prends pas de chance : 2 ans, 60 livres en moins, la seule chose à laquelle je ne peux rien, c’est le poids du bébé, mais je me dis qu’avec une seule variante, le médecin devrait accepter qu’on essaie le double AVAC. Cependant, bébé en a décidé autrement, car elle ne s’est jamais retournée. Un siège, césarienne.

Adieu rêve d’accouchement naturel! 

Certaines diront que je suis chanceuse de n’avoir jamais eu de contractions de ma vie. Je sais que je ne peux pas me plaindre puisque j’ai trois merveilleuses filles en santé, mais quelque part au fond de mon cœur, il y a un projet « abandonné ».

On a toutes un plan en tête quand on rêve à nos enfants, nos grossesses, nos accouchements, notre vie de famille. La vie choisit rarement le chemin que nous aurions voulu. Les joies et les petits ou gros deuils se côtoieront toujours tout au long de l’aventure.

Marie Claude Belley
Maman de 3 tannantes, chef, simili-fermière, jardinière, écolo par moments, locavore par amour.